Le secret du monde

Blog d'un japonais égaré dans un monde francophone.

28 février 2009

Madame D. (à York)

Cela a commencé fort. A peine l'ai-je rencontré, elle m'a demandé, avec une vois rauque :

« So how's China? »

Je n'ai pas compris la question.

« Sorry? ai-je demandé. »
« I say, how's the life in China ? »

Il m'a fallu un peu de temps pour me rendre comte qu'elle me prenait pour un chinois.

« Actually, I'm Japanese, ai-je précisé, calmement.
- But you said that you were Chinese in the message!
- That's not possible. It's quite unlikely that I mistake my nationality…
- Well, Japanese or Chinese, that doesn't make any difference to me… »

Ce qui m'a frappé, c'était sa pure ignorance. D'habitude, quand on se trompait sur ma nationalité, on s'excusait tout de suite en disant qu'ils savaient très bien la différence. C'était la première fois que j'ai eu telle réponse indifférente. Ce n'était pas qu'elle avait une mauvaise intention, mais tout simplement son ignorance ; elle ne savait pas, et elle n'arrivait pas à imaginer que la Chine et le Japon sont de différents pays en tout aspect. C'était comme si on prend un écossais comme un anglais. Mais je ne m'étais pas fâché ; j'étais curieux, car j'attendais une toute autre sorte de personne : bien éduquée, type intellectuel, et un peu prétentieuse, alors que c'était plutôt contraire.

Bien entendu, il y avait effectivement des éléments qui m'auraient fait en douter. Par exemple, quand elle écrivait, elle ne mettait aucune ponctuation, ce qui était souvent une marque du manque d'éducation littéraire. C'était une veuve anglaise de soixantaine que j'ai fait la connaissance sur un site où on pouvait chercher quelqu'un qui puisse nous héberger pendent notre voyage. (Le concept était beau, car, de notre part on pouvait rencontrer des gens qui habitent là, et de leur part ils pouvaient connaître des gens qui viennent du monde entière.)

Et c'était ainsi que mon court séjour chez elle a commencé.

*

Il commençait à faire nuit quand le train est arrivé à York. Voyant que c'était le temps de dîner, elle m'a proposé qu'on mange chez elle. « I usually don't feed guests, a-elle dit. You see, I'm retired and I don't have much money. But I make an exception this time since you are alone. When the guests are too many, that costs me. »

J'avais de la chance, surtout j'étais curieux de la nourriture anglaise, et je voulais savoir ce que les gens mangeaient d'habitude. On disait que les anglais cuisinaient très mal. C'était aussi une chance de vérifier si elle conformait à ce stéréotype.

Mais elle m'a amené à une épicerie près de chez elle. Et puis, elle m'a demandé : « Which pizza do you want ? Peperoni ? Cheez ? » devant le rayon des aliments surgelés.

En fait, elle n'avait aucune intention de cuisiner.

Apparemment, acheter de la nourriture déjà faite était tellement naturel pour elle, et ça devrait être presque impensable de cuisiner soi-même quand elle avait des invités. Etant un amateur de cuisine et quelqu'un qui vient d'un pays comme le Japon dont la gastronomie a une réputation mondiale, ça m'a fait assez bizarre que l'on m'a servi un plat déjà préparé.

La dîner était, donc, une pizza (surgelée), des chips (c'est-à-dire des fîtes, et, bien entendu, surgelés,), et de la salade (fraîche !). « Biritish can't cook, disait-elle. » J'ai compris pourquoi il y avait autant d'aliments surgelés aux supermarchés anglais. Effectivement, ce n'était pas que les anglais cuisinaient mal : ils ne cuisinaient pas, si je pouvais me permettre à sur-généraliser à partir de ma pauvre expérience.

*

« Are you a Christian ? a-t-elle demandé.
- No, I'm not.
- Then, which religion do you have?
- No, I don't have any religion.
- But, how come?
- Actually, Japanese don't really have religions.
- But..
- Some says that we are Buddhist..
- So you are an Buddhist then.
- No, not quite so. I don't think that is quite accurate to says that Japanese are Buddhists.
- ..
- And there is a also kind of Japanese religion, but, again, I am not sure that we can call it religion. At least, most of the people don't really believe in..
- But you do pray right?
- No I don't.
- ..
- That's quite normal for us.
- ..»

Elle ne savait pas quoi dire. Pour elle, qui habitait toute sa vie en Angleterre, et qui n'est même pas encore aller à Londres, il était presque inimaginable qu'une personne n'est pas de religion, quoique, les anglais n'étaient pas forcément religieux. Je supposais qu'il y avait pas mal de gens comme elle. Mais au moins, elle avait ouvert sa porte pour accueillir les voyageurs, ce qui fait la différence entre elle et les autres. « I'm learning. I'm learning, répétait-elle. »

*

« Do you have a girlfriend ? a-t-elle fait.
- No. Not at the moment.
- Why? s'est-elle exclamé.
- But.. It's not my choice..
- Well, there is a good internet dating site.. Here, keep it! »

Elle m'a filé un morceau de papier où était écrit le lien.

« But, have you already tried it? ai-je demandé.
- Yeah, not bad really. I don't want any old man. I want a young man.
- How old would you like him to be?
- 40 to 50.
- !? »

Elle avait 65 ans..

Cette nuit, on a joué au « Jenga », un jeu anglais qui comporte des pièces rectangulaires avec les quelles on fait une tour et chaque personne extrait une en faisant attention de ne pas faire écrouler. Ça faisait longtemps que je n'y ai pas joué. Et c'était certainement la première fois que j'y ai joué avec une vielle dame. On était plutôt fort de sorte que parfois le jeu durait assez long. On rirait, et on discutait en y jouant. C'était certainement pas mal comme une idée de passe-temps. Au bout d'un moment, on était fatigué, et on s'est finalement couché.

*

En effet, elle était une personne un peu particulière. Bien entendu, héberger quelqu'un d'inconnu est déjà quelque chose que tout le monde ne fait pas. Mais elle avait d'autre chose qui se fasse remarquer. Le lendemain, elle m'a fait visiter York, et il a paru qu'elle n'avait aucune réticence à adresser la parole aux inconnus. « Excuse me, where does this passage lead ? » Ainsi demandait-elle, à chaque fois qu'elle n'était pas sûre de où on se trouvait.

Après qu'on a fait le tour de la ville, on a mangé du « fish and chips ». « It's so expensive, s'est-elle plaint. It used to be like one or two pounds. » En effet, elle a fait pas mal de commentaire à propos de prix. Il me semble qu'elle achetait la plupart de choses dont elle avait besoin aux « charity shops. » C'était pour ça quand on est allé à une librairie, elle a été étonnée que les libres soient chers.

Elle m'a amené aux ses endroits préférés, en me laissent, de temps en temps, attendre perdant qu'elle faisait ses courses. Quelque part, je voulais explorer un peu la ville tout seul mais comme elle a insisté, (« I won't leave you alone in the town !») j'ai décidé de la suivre.

J'allais partir vers quinze heures et elle m'a accompagné jusqu'à la gare. On s'est dit « au revoir. » En effet, ce fut une très bonne expérience de passer le temps avec elle. Mais quand je suis finalement seul et monté dans le train à Londres, j'ai eu une sorte de sentiment de liberté, comme la fin d'un exam à la fac.


Posté par ayejp à 21:59 - voyage - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

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