Le secret du monde

Blog d'un japonais égaré dans un monde francophone.

29 mars 2009

Il va pleuvoir

Toujours, tout simple,
Ce que je veux dire :
« Il va pleuvoir »
En trois mots

Même pas besoin
De faire rimer, ni
De parler fort et
De faire semblent

- Est-ce que l'air est bleu ?
- Oui !
- Et froid ?
- Oui !
- Le ciel est-il lourd ?
- Un peu.
- Fera-il nuit
- Bientôt !

Toujours simple,
Ce que je veux dire :
« Ouvre la fenêtre,
S'il te plaît ! »

Et si tu as un peu de
Volonté,
Tu pourrais peut-être
Sentir
L'air
Et
Tu comprendras
Ce
Dont
Je
P a r l e !

Trop bavard, le suis-je ?
Je m'excuse

Je me tais
Et
Il va pleuvoir

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11 mars 2009

Journal Intime

C'était son journal intime. Sur un cahier qu'elle mettait par terre, elle écrivait. Il faisait tard. Tout le monde de la chambre d'auberge étaient retournés, et commençait à arranger les choses avant de se coucher. J'étais en train de discuter avec eux, mais quand je l'ai vu écrire, je me suis approché d'elle, car, j'aimais bien des gens qui écrivaient.

- Qu'est-ce que tu écris ? ai-je demandé.
- C'est mon journal intime !

Elle a tourné la tête vers moi.

- Tu écris sur ton voyage ?
- Oui.
- Et sur nous aussi ?
- Bien sûr. Tu veux voir ?

Elle m'a sourit, et m'a montré son journal. C'était en espagnol. Mais, vu que je ne comprenais pas, elle m'a dit :

- Tu ne parles pas espagnol ?
- Non. Tu viens d'où ?
- Je viens de l'Argentine.

C'était une fille gaie, et quand elle parlait, elle a quelque chose de douce et gentil. C'était quelqu'un de bonne foi. C'était quelqu'un qu'on aimerait tout de suite. Sa façon de sympathiser avec les gens m'a beaucoup plu.

- J'écris toujours mon journal quand je voyage, m'a-t-elle dit.
- Ah oui ? Moi aussi.

C'était vrai. Quand je voyageais, j'écrivais toujours un journal.

- Tu vois, ça c'est le titre. C'est...

Elle m'a montré la couverture du cahier, et lu le titre à haute voix soigneusement, mot par mot. Les mots qu'elle a prononcés m'ont paru si doux. Pour la première fois dans ma vie, j'ai trouvé l'espagnol aussi bell.

- Tu restes combien de temps à Paris ? ai-je demandé.
- Trois jours. Et après, je vais partir au Israël.
- Au Israël ?
- Oui, « land of the promise! » a-t-elle rit. Je connais des gens là-bas.

Elle était toujours gaie. Et ce n'était pas parce qu'elle avait une bonne humeur exceptionnel cette nuit-là, ni qu'elle s'intéressait à moi en particulier, mais c'était tout simplement sa nature.

- Tu sais quoi, a-t-elle dit, tu peux écrit quelque chose en japonais ?
- Oui bien sûr ! Où est-ce que j'écris ?
- Ici, sur cette page.
- D'accord !

J'ai écrit mon nom.

- Pourquoi tu en as écrit trois fois en différentes lettres ?
- En fait, il y a trois façons d'écrire en japonais.
- D'accord ! Merci !

Elle était contente.

Cette nuit-là, j'ai pensé à elle. Cette courte rencontre m'a occupé durant la nuit d'insomnie. Il était probable, pensais-je, qu'on ne se verrait jamais, et au bout d'un moment, je oublierais des choses : sa voix enrouée, son air italien (elle a un peu du sang italien), sa façon de rire, et tous les détails je trouvais si agréables...

Le lendemain matin, quand je me suis réveillé, elle dormait encore. Avant de partir, je l'ai secoué gentiment. « Ecoute, ai-je chuchoté, je m'en vais, mais je te laisse mon e-mail. Si jamais tu en as envie, surtout n'hésite pas de m'écrire. » Elle m'a donné un signe de tête, toujours souriant.

Je suis parti, et j'ai pris le métro. Je prendrais ensuite le bus pour aller à l'aéroport. Dans quelques heures, je serais dans un autre pays...

Mon voyage allait bientôt commencer.

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08 mars 2009

Grand mystère

Il était trois heures du matin. Je marchais avec mes amies sur le Cours Gambetta pour rentrer chez moi, quand, soudain, un homme s'est approché de moi :

« Excusez-moi » m'a-t-il dit.

Peut-être voudrait-il une cigarette? ai-je pensé. Il me semblait qu'il était là depuis peu de temps, et il n'avait pas l'air perdu. Ce n'était pas pour me demander le chemin. Si ce n'était pas cela, c'était forcément une cigarette ou du feu. Ainsi ai-je conclu.

Mais il m'a demandé tout de suite :

« Est-ce que vous êtes chinois ? »

Je ne m'attendais pas cela.

Non. J'ai répondu, et je suis parti tout de suite. Cet homme me faisait un peu peur ; je ne voulais pas qu'il me suive. Heureusement, il ne m'a pas suivit.

Mais pourquoi ??

Pour quelle raison, à trois heures du matin, sur une avenue déserte, quelqu'un demanderait-il à un asiatique passant sa nationalité ?

Etait-il un homesexuel qui désirait un chinois et voulait me draguer?

Je ne pense pas...

Sa question était si mystérieuse, je regrette de ne pas lui avoir demandé son intention. J'aurais aimé lui dire : « Excusez-moi, pourquoi voulez-vous le savoir ? » Mais hélas, c'était trop tard, et cette question me hante.

Si vous avez quelque idée, je vous pris bien vouloir me faire savoir...


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28 février 2009

Madame D. (à York)

Cela a commencé fort. A peine l'ai-je rencontré, elle m'a demandé, avec une vois rauque :

« So how's China? »

Je n'ai pas compris la question.

« Sorry? ai-je demandé. »
« I say, how's the life in China ? »

Il m'a fallu un peu de temps pour me rendre comte qu'elle me prenait pour un chinois.

« Actually, I'm Japanese, ai-je précisé, calmement.
- But you said that you were Chinese in the message!
- That's not possible. It's quite unlikely that I mistake my nationality…
- Well, Japanese or Chinese, that doesn't make any difference to me… »

Ce qui m'a frappé, c'était sa pure ignorance. D'habitude, quand on se trompait sur ma nationalité, on s'excusait tout de suite en disant qu'ils savaient très bien la différence. C'était la première fois que j'ai eu telle réponse indifférente. Ce n'était pas qu'elle avait une mauvaise intention, mais tout simplement son ignorance ; elle ne savait pas, et elle n'arrivait pas à imaginer que la Chine et le Japon sont de différents pays en tout aspect. C'était comme si on prend un écossais comme un anglais. Mais je ne m'étais pas fâché ; j'étais curieux, car j'attendais une toute autre sorte de personne : bien éduquée, type intellectuel, et un peu prétentieuse, alors que c'était plutôt contraire.

Bien entendu, il y avait effectivement des éléments qui m'auraient fait en douter. Par exemple, quand elle écrivait, elle ne mettait aucune ponctuation, ce qui était souvent une marque du manque d'éducation littéraire. C'était une veuve anglaise de soixantaine que j'ai fait la connaissance sur un site où on pouvait chercher quelqu'un qui puisse nous héberger pendent notre voyage. (Le concept était beau, car, de notre part on pouvait rencontrer des gens qui habitent là, et de leur part ils pouvaient connaître des gens qui viennent du monde entière.)

Et c'était ainsi que mon court séjour chez elle a commencé.

*

Il commençait à faire nuit quand le train est arrivé à York. Voyant que c'était le temps de dîner, elle m'a proposé qu'on mange chez elle. « I usually don't feed guests, a-elle dit. You see, I'm retired and I don't have much money. But I make an exception this time since you are alone. When the guests are too many, that costs me. »

J'avais de la chance, surtout j'étais curieux de la nourriture anglaise, et je voulais savoir ce que les gens mangeaient d'habitude. On disait que les anglais cuisinaient très mal. C'était aussi une chance de vérifier si elle conformait à ce stéréotype.

Mais elle m'a amené à une épicerie près de chez elle. Et puis, elle m'a demandé : « Which pizza do you want ? Peperoni ? Cheez ? » devant le rayon des aliments surgelés.

En fait, elle n'avait aucune intention de cuisiner.

Apparemment, acheter de la nourriture déjà faite était tellement naturel pour elle, et ça devrait être presque impensable de cuisiner soi-même quand elle avait des invités. Etant un amateur de cuisine et quelqu'un qui vient d'un pays comme le Japon dont la gastronomie a une réputation mondiale, ça m'a fait assez bizarre que l'on m'a servi un plat déjà préparé.

La dîner était, donc, une pizza (surgelée), des chips (c'est-à-dire des fîtes, et, bien entendu, surgelés,), et de la salade (fraîche !). « Biritish can't cook, disait-elle. » J'ai compris pourquoi il y avait autant d'aliments surgelés aux supermarchés anglais. Effectivement, ce n'était pas que les anglais cuisinaient mal : ils ne cuisinaient pas, si je pouvais me permettre à sur-généraliser à partir de ma pauvre expérience.

*

« Are you a Christian ? a-t-elle demandé.
- No, I'm not.
- Then, which religion do you have?
- No, I don't have any religion.
- But, how come?
- Actually, Japanese don't really have religions.
- But..
- Some says that we are Buddhist..
- So you are an Buddhist then.
- No, not quite so. I don't think that is quite accurate to says that Japanese are Buddhists.
- ..
- And there is a also kind of Japanese religion, but, again, I am not sure that we can call it religion. At least, most of the people don't really believe in..
- But you do pray right?
- No I don't.
- ..
- That's quite normal for us.
- ..»

Elle ne savait pas quoi dire. Pour elle, qui habitait toute sa vie en Angleterre, et qui n'est même pas encore aller à Londres, il était presque inimaginable qu'une personne n'est pas de religion, quoique, les anglais n'étaient pas forcément religieux. Je supposais qu'il y avait pas mal de gens comme elle. Mais au moins, elle avait ouvert sa porte pour accueillir les voyageurs, ce qui fait la différence entre elle et les autres. « I'm learning. I'm learning, répétait-elle. »

*

« Do you have a girlfriend ? a-t-elle fait.
- No. Not at the moment.
- Why? s'est-elle exclamé.
- But.. It's not my choice..
- Well, there is a good internet dating site.. Here, keep it! »

Elle m'a filé un morceau de papier où était écrit le lien.

« But, have you already tried it? ai-je demandé.
- Yeah, not bad really. I don't want any old man. I want a young man.
- How old would you like him to be?
- 40 to 50.
- !? »

Elle avait 65 ans..

Cette nuit, on a joué au « Jenga », un jeu anglais qui comporte des pièces rectangulaires avec les quelles on fait une tour et chaque personne extrait une en faisant attention de ne pas faire écrouler. Ça faisait longtemps que je n'y ai pas joué. Et c'était certainement la première fois que j'y ai joué avec une vielle dame. On était plutôt fort de sorte que parfois le jeu durait assez long. On rirait, et on discutait en y jouant. C'était certainement pas mal comme une idée de passe-temps. Au bout d'un moment, on était fatigué, et on s'est finalement couché.

*

En effet, elle était une personne un peu particulière. Bien entendu, héberger quelqu'un d'inconnu est déjà quelque chose que tout le monde ne fait pas. Mais elle avait d'autre chose qui se fasse remarquer. Le lendemain, elle m'a fait visiter York, et il a paru qu'elle n'avait aucune réticence à adresser la parole aux inconnus. « Excuse me, where does this passage lead ? » Ainsi demandait-elle, à chaque fois qu'elle n'était pas sûre de où on se trouvait.

Après qu'on a fait le tour de la ville, on a mangé du « fish and chips ». « It's so expensive, s'est-elle plaint. It used to be like one or two pounds. » En effet, elle a fait pas mal de commentaire à propos de prix. Il me semble qu'elle achetait la plupart de choses dont elle avait besoin aux « charity shops. » C'était pour ça quand on est allé à une librairie, elle a été étonnée que les libres soient chers.

Elle m'a amené aux ses endroits préférés, en me laissent, de temps en temps, attendre perdant qu'elle faisait ses courses. Quelque part, je voulais explorer un peu la ville tout seul mais comme elle a insisté, (« I won't leave you alone in the town !») j'ai décidé de la suivre.

J'allais partir vers quinze heures et elle m'a accompagné jusqu'à la gare. On s'est dit « au revoir. » En effet, ce fut une très bonne expérience de passer le temps avec elle. Mais quand je suis finalement seul et monté dans le train à Londres, j'ai eu une sorte de sentiment de liberté, comme la fin d'un exam à la fac.


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11 février 2009

Sa façon

Quand le téléphone a sonné, j'ai su immédiatement qui m'appelait. C'était devenu presque une habitude. Il me téléphonait presque tous les jours après les cours au collège.

« Allô ?
- Salut ! Qu'est-ce que tu fais cet aprèm ? Je peux venir chez toi ?
- Bah... écoute, j'ai pas tellement envie qu'on se retrouve...
- Moi j'en ai envie.
- Mais t'es déjà venu hier...
- Peu importe, j'en ai envie.
- Peut-être un autre jour.
- Mais t'es quelque chose de prévu aujourd'hui ?
- Bah... non...
- Je peux venir alors ?
- Mais non ! Tu m'écoute ou pas ? »

C'était toujours pareil. Il attaquait. Je défendais. Son obstination était incroyablement dure. Une fois qu'il commençait, il ne s'arrêtait jamais. J'étais assez claire et j'insistais pas mal. N'import quelle personne comprendrait que je n'avais pas envie. Pourtant, il ne renonçait pas. Sans doute n'étais-je pas aussi déterminé que lui, et au bout d'un moment (parfois assez long) je lui cédais.

« N'empêche, a dit-il, je viens.
- OK... d'accord... mais c'est la dernière fois... »

Mon appartement se trouvait au deuxième étage d'un immeuble qui se trouvait juste à côté du collège. En effet, c'était littérairement juste à côté. De la fenêtre de ma chambre, on peut voir la cour du collège. Les matins, quand je me réveillais tard, je partais de chez moi juste près que le carillon du collège (qui annonce le début de cours) commençait à carillonner, et je pouvais y arriver à l'heure. C'était aussi proche. Le défaut, c'était que quand je rentrais chez moi on pouvait me voir des salles de cours.

Il est venu, et entré dans ma chambre. J'ai allumé l'ordinateur presque automatiquement. On savait ce que l'on allait faire : karaoké. A l'époque, tout le monde n'avait pas d'ordinateur, et on utilisait encore Windows 95. Mais déjà, il y avait des logiciels consacrés au karaoké, outre des données des chansons faites par les amateurs que l'on pouvait télécharger gratuitement. Avec tout cela, je pouvais trouver presque toutes les chansons japonaises que j'avais envie de chanter.

J'ai ouvrit le logiciel. J'ai mit une chanson. Et on a chanté. Ma chambre est devenu une salle de karaoké. Des fois, on chantait tous ensemble. D'autres fois chacun prenais une phrase l'une après l'autre. Peut-être des habitants d'immeuble nous entendaient. Mais on a fait pas du souci. On n'a pas de souci non plus si on chantait bien ou pas. Il n'y avait que le plaisir de chanter.

« Si j'arrivait à chanter de hautes notes, je pourrai être professionnelle, s'est-il exclamé.
- Ah oui tu coirs ? Mais ça ne fonctionne pas comme ça, ai-je protesté.
- Mais tu vois, ce chanteur, il est un génie parce qu'il peut chanter des notes tellement hautes.
- C'est vrai qu'il peut en chanter mais c'est pas ça... D'ailleurs je pense pas qu'il soit un génie.
- Comment ça ?
- Mais c'est comme ça. Pouvoir chanter de hautes notes n'a rien à voir avec le fait...
- Mais personne ne peut chanter comme lui. C'est un génie ! »

Je n'ai pas pu le convaincre.

On chantait tous l'après-midi. On ne se lassait pas. Même si nous étions des personnes assez différentes, et bien que nous ne soyons pas toujours d'accord, on s'entendait bien. Effectivement, on ce qui concernait le choix des chansons, on ne se disputait pas. On aimait plus en moins les mêmes choses. C'était surtout lui qui se tenait à passe le temps avec moi, mais il faut avouer que ce n'était pas tellement désagréable d'être avec lui. Certes, parfois, il se comportait un peu mal fouillant mes tiroirs et les mettait en désordre. Mais à part cela, je m'amusais très bien. D'ailleurs, j'adorais chanter, et lui aussi. Qu'est ce dont on avait encore besoin ?

Au bout d'un moment, ma mère a annoncé que le repas serait bientôt prêt. On a compris que notre karaoké était fini. L'annonce de dîner était toujours la sentence de fin. En effet, pour nous, il y avait une règle implicite que quand une mère faisait cette annonce, c'était le temps de rentrer chez soi (sauf, bien entendu, que l'on était invité au dîner.) Pour les collégiens, ce code était absolu. C'était quelque chose que personne ne puisse contester. Même pour lui. Et cette fois-ci, il a commence à préparer de rentrer.

« Bon, à demain alors, ai-je dit.
- Oui à demain !
- Salut !
- Salut ! »

Il est parti. Il faisait noir. Je suis retourné dans ma chambre, arranger les choses qu'il a laissé traîner partout.

*

C'était quand j'avais 13 ans, en 1996. J'allais au collège qui ce trouvait à Kawasaki, une ville qui était juste à côté de Tokyo, la capitale du Japon. J'étais en première année, et dans la même classe que lui. Je le connaissais depuis deux ans car j'étais aussi dans la même classe à l'école. Depuis le début, il avait déjà des traits assez particuliers. Avant tout, il était toujours très en retard matin. Il était si en retard que notre maître l'appelait « Monsieur le président » car, on disait qu'un président de grande entreprise allais au travaille beaucoup plus en retard que les autres.

Ainsi, dans la première année au collège, on a passée beaucoup de temps ensemble. Mais au fur et à mesure, on se voyait moins. Peut-être parce qu'il s'est trouvé de nouveaux amis. Ou peut-être parce que j'ai commence à écouter de différentes musiques. En tout cas, quand j'étais en troisième année, on ne se parlait presque plus. Et après que je suis sorti du collège, j'ai perdu le contacte avec lui.

Ce n'était que quand j'étais assez grand j'ai eu quelque nouvelle de lui.

A l'âge de 21 ans, il s'était déjà marié deux fois, et aussi avait divorcé deux fois. Apparemment il n'est pas allé à l'université, et je ne suis pas sûr s'il est sorti de lycée. Et deux fois divorcé... ce n'est pas une histoire brillante. Mais cela veut dire aussi qu'au moins, il a réussit à persuader deux femmes de se marier. Quand je pense à cela, je me rappelle son obstination absolue. Alors je me demande : n'était-ce pas par cette même obstination qu'il a convaincu les deux ex-femmes, comme elle m'avait convaincu autrefois ?


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11 janvier 2009

"N'importe quoi"

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« N'importe quoi »

Quand je me suis réveillé, je me sentais super mal
Je ne pouvais plus bouger, ce qui n'était pas normal

J'aurais aimé que quelqu'un vienne m'aider à en sortir
Sauf que personne n'était là, j'étais en train de mourir

Mais non, non, non, non, non, non, non
C'est n'importe quoi, c'est n'importe quoi
Mais non, non, non, non, non, non, non
Je n'y crois pas, je n'y crois pas

Je me souviens qu'on m'a dit, que le monde était corrompu
Absolument pas d'espoir, c'est pour ça j'étais abattu

Mais non, non, non, non, non, non, non
C'est n'importe quoi, c'est n'importe quoi
Mais non, non, non, non, non, non, non
Je n'y crois pas, je n'y crois pas

Je vois déjà des étoiles
Mais je suis toujours dans mon lit
Cette maladie est-elle fatale
Qui va ronger mon esprit ?

Mais non, non, non, non, non, non, non
C'est n'importe quoi, c'est n'importe quoi
Mais non, non, non, non, non, non, non
Je n'y crois pas, je n'y crois pas


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17 décembre 2008

L'odeur d'hiver

Quand je sors le matin, je sens l'odeur d'hiver. Oui, c'est l'odeur d'hiver. Je la reconnais bien. C'est exactement comme tous les hivers que j'ai vécus. Tous les hivers ? C'est-à-dire, au Japon ?

Ce qui me frappe, c'est justement que cette odeur d'hiver d'ici, à Lyon, est identique qu'au Japon. Malgré la distance, malgré toute la différence, l'odeur reste la même. Mon vingt-quatrième hiver est dans la continuité de vingt-trois autres. A cause de cette odeur, j'ai le sentiment d'être toujours au Japon. C'est bizarre.

*

Toutes les fins d'année, ma famille - moi, mon frère et mes parents - va chez mes grands-parents qui habitent à Hiroshima, une ville qui se situe à l'ouest du Japon, et qui a été bombardé pendant la seconde guerre mondiale. C'est depuis je ne me souviens plus quand. Comme nous habitons actuellement à côté de Tokyo, nous prenons le train et faisons quatre heures de trajet. C'est ma mère qui réserve les billes pour quatre. Quand le jour de réservation vient, elle doit se réveiller très tôt car tous les habitants à Tokyo et aux alentours ont, eux aussi, la même idée. La fin d'année et le nouvel an sont un moment familial et traditionnel pour les japonais, et tout le monde va renter chez soi. Les journaux de télé montre toujours la foule qui part de Tokyo.

Comment tuer le temps dans le train ? C'est la question que moi et mon frère se posent chaque année. Normalement, je prend des livres, et mon frère, il prend des mangas car les livres ne sont pas tellement son truc. Mais je me rends compte toujours que ce n'est pas évident de me concentrer à ma lecture surtout quand le livre est un peu compliqué. C'est peut-être à cause de vitesse. Normalement, j'ai l'habitude de lire des trucs compliqués dans le train quand je vais à la fac ou au boulot. Mais puisque comme ça à la fin d'année, je finis souvent par emprunter des mangas de mon frère.

Mais, depuis peu, on sait mieux passer le temps : les jeux vidéos. Je sais pas pourquoi qu'on a pas conçu cette idée plus tôt car mon frère apportait toujours son ordinateur. Un jour, quand on s'ennuyait dans le train, on a finalement décidé d'essayer quelque jeu classique sur son ordinateur. Résultat : on a absolument adoré. Désormais, il est devenu notre habitude de jouer dans le train. Au fait, puisque c'est souvent la seule occasion que je joue aux jeux vidéos pendant toute l'année, j'ai toujours hâte de prendre train avec mon frère. De plus, quand on joue dans le train, c'est plus amusant que d'habitude. Quatre heures se passent vite et au bout d'un moment, on regrette même que le voyage se termine.

Pourtant, on n'a pas grand-chose à faire une fois on est chez mes grands-parents à Hiroshima. Ils habitent dans une petite maison et on est enfermé dans une chambre au deuxième. Certes, on a des livres, des mangas, et un ordinateur (sans Internet). On a pas mal de truc sur nous. Mais c'est la fin d'année. Un moment spécial. Un des très rares moments au Japon où quasiment personne ne travaille pas. Tout le monde a l'air animé, prêt à vivre cette transition d'une année à une autre. Les japonais ont même leur propre appellation pour le 31 décembre et le 1 janvier. Ce sont des jours traditionnels. On mange des repas propres pour chacun de jours.

Puisque c'est comme ça, je peux pas rester calme et sage, enfermé dans une chambre. D'ailleurs, elle est étouffante cette chambre - mes grands-parents ne l'utilisent pas d'habitude car c'est plutôt exclusivement pour ma famille qui ne leur rendre visite qu'une seul fois chaque année, ce qui fait la chambre poussiéreuse.

C'est ainsi, l'année dernière, le 31 décembre, j'ai décidé de sortir et aller au centre ville.

Il neigeait. Il avait du vent. Dés que je suis sorti, j'ai compris qu'il irait encore pire. Malgré cela, j'ai continué mon chemin. J'ai prit le train pour la station principale d'Hiroshima. J'y suis descendu, et puit monté au tramway pour aller au centre. J'ai eu l'impression que j'étais touriste, ce qui m'a fait bizarre car j'habitais à Hiroshima pendant quatre ans quand j'étais petit.

J'ai visité le château de Hiroshima, un petit château entièrement rasé par la bombe atomique, que j'avait visité mille fois quand y habitais. J'ai mangé un plat traditionnel de Hiroshima, okonomiyaki, une sorte de crêpe salé japonais, dont le goût m'était tout à fait familier. J'ai marché dans la neige jusqu'aux rues commerciales où se trouve des tas de boutiques et de magasin. Comme j'étais fatigué, je suis allé au café pour me reposer.

Au café, il y avait du monde. En effet, dans la rue aussi, il y en avait pas mal. Certes, la plupart des magasins étaient fermés. Mais ça n'empêchait qu'il y avait des gens qui passaient. C'était normal, pensais-je, car c'était quand même le centre de la ville et Hiroshima n'était pas une petite ville. (En effet, Elle est deux fois plus grande que Lyon au niveau d'habitant.)

J'ai prit un chocolat, et me suis installé. J'ai regardé un peu la salle. A côté de moi s'essayaient deux filles. Elles parlaient des films, des personnes qu'elles connaissaient etc. L'une d'entre eux évoquait de temps en temps un cartier près de chez moi. Peut-être elle restait chez ses parents qui habitaient à Hiroshima pendant les vacances. Et dans ce cas-là, l'autre fille devrait être son amie d'enfance, devinait-je.

L'autre côté de moi s'installait un homme qui plongeait dans l'écriture des cartes postales de nouvel an. Au japon, on a une tradition d'échanger des cartes postales avec ses amis, camarades, collèges, etc. En fait, on doit les reçoive le jour précis : le jour d'an. Du coup, on se dépêche d'écrire afin que les puissent les recevoir la date fixée. C'est comme un devoir à rendre : on commence à entamer le dernier moment. Mais, pourquoi écrivait-il au café, ai-je demandé. Il aurait pu écrire chez soi. Peut-être il pouvait mieux se concentrer comme ça. Je ne savais pas.

A part eux, le café est plein des couples et des amis. Ils passeraient le temps ensemble ce denier jour d'année. Ils avaient bien l'air heureux. Je les entendais rire. Ils étaient tellement joyeux, j'avais presque envie de leur rejoindre.

Mais il y avait aussi des gens qui étaient seul. Ils étaient là, comme s'ils étaient dans l'autre espace que les autre. Curieusement, ils ne faisaient rien. Ni lisait, ni écrivait. Ils buvaient du café et regardais leur portable de temps en temps.

Tout d'un coup, je me suis rendu compte que j'étais tout seul.

Que faisaient-ils ? Me suis-je dit. Peut-être auraient-ils un rendez-vous après. Peut-être faisaient-ils leurs coures. Peut-être avaient-ils leur raison précise pour être là et étaient-ils bien contents.

Mais n'y avaient-ils pas, pensais-je, d'autres possibilités ? Par exemple, ne voulais-ils pas tellement être là tout seul mais plutôt avec quelqu'un qu'ils aimaient ? Même si de toute façon ils étaient aussi tout seul chez eux, n'avaient-ils pas pensé qu'il voudrait mieux être parmi les gens que rester dans leur maison ? Et n'attendaient-ils pas que quelque chose se passe sur la ville. N'était-ce pas une tentative de refuser le fait que l'année soit en train de se terminer sans événement ?

Je ne savais pas...

*

Tous ces souvenirs me viennent. A cause de l'odeur d'hiver. C'est la première fois, depuis que je suis venu à Lyon - ça fait déjà quatre mois - que j'ai pensé au Japon. Bien sûr, je pense de temps en temps au Japon. Mais pas d'une telle façon que j'éprouve une sensation comme si le passé m'appelle. Je sens une sorte de lien émotionnel fort avec mon pays natal. De puis que je suis là, rien ne m'a encore évoqué un tel sentiment. Ni les japonaises que j'ai rencontrées. Ni la musique japonais que j'ai écoutée. Ni les livres japonais que j'ai apportés. Et ni la voix de ma mère au bout du téléphone...


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L'oublie

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C'est une chanson en japonais mais ne vous inquiétez pas ! Je l'ai traduise en français.

J'ai l'impression que cette traduction marche pas mal. Peut-être je vais écrire une version française de nouveau…

« L'oublie »

La fête est finie
Le soleil se couche au-delà des champs
Les ombres qui s'allongent,
Cherchant la chaleur de la peau,
Courent après les hommes

Ah, j'ai le sentiment,
Qu'il y avait quelque chose de fort important
Mais je n'arrive pas à m'en souvenir

La fête est finie
À une place où les gens ne sont plus là,
La lune erre
Elle fait disparaître les souvenirs avec sa lumière

Ah, j'ai le sentiment
Qu'il y avait quelque chose de fort important
Mais je n'arrive pas à m'en souvenir

Ça me fait mal
Le silence qui envahit mon corps
J'ai presque envie de pleurer

Ah, j'ai le sentiment
Qu'il y avait quelque chose de fort important
Mais je n'arrive pas à m'en souvenir

Le texte original :

『忘却』

祭りは終わった
畑の向こうに日は落ちて
伸びゆくかげは体温を求め
人々について行く

大切なことがあった気がする
でも思い出せない

祭りは終わった
人々の消えた広場では
月がさまよい
光で記憶を静にとかしている

大切なことがあった気がする
でも思い出せない

体にしみる静けさが痛くて
泣いてしまいそうだ

大切なことがあった気がする
でも思い出せない

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15 octobre 2008

Le Scret du Monde

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『Le secret du monde』

Dans une chambre nue où les enfants naissent
Criant la joie et la nouvelle tristesse
Dans une forêt du sud où les humains dansent
Avec les loups et les arbres qui pensent

Brille, le secret du monde
Brille, le secret du monde

Quand tu marches la nuit vers la mer écartée
Tu sens le vent qui touche tes cheveux
Tu t'arrêtes, tu respires, tu te mets à chanter
Berçant vivement ton corps amoureux

Brille, le secret du monde
Brille, le secret du monde

Dans les yeux des femmes qu'on n'a jamais sus
Derrière les hommes qu'on croisera pas
Dans les mot et les choses qu'on n'a jamais crus
Pourtant, qu'on sait qu'on n'oubliera pas

Brille, le secret du monde
Brille, le secret du monde

Parfois je me demande « qu'est ce que c'est que la vie ? »
Parfois me viennent des idées bizarres
Je sais rien, enfin je vais dans mon lit
Je m'endors, tout retourne, ce n'est que le départ

Brille, le secret du monde
Brille, le secret du monde

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20 août 2008

Dans un train japonais

Ce fut une fille blonde.

Elle s'était assise, à côté de moi dans un train japonais. Je l'ai regardé du coin d'oeil. Ces cheveux étaient blonds mais elle les teignait encore. Elle était en train d'écrire un texto en écoutant de la musique de son baladeur. Cette musique, elle était du Visuel Kei.

D'un seul coup, j'ai tout saisi : qu'elle a prit d'intérêt du Japon grâce à la musique de Visuel Kei. Qu'elle a décidé, un moment donnée, d'apprendre le japonais. Qu'elle voulait vraiment venir au Japon. Qu'elle y est finalement venue, mais il fallait encore travailler son japonais...

Elle a descendu à la gare de Shibuya. Peut-être avait-elle un rendez-vous avec ses amis. Je n'ai pas osé de lui adresser la parole, et elle n'a peut-être même pas remarqué ma présence. Mais, curieusement, j'avais le sentiment que je la connaissais depuis longtemps.

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